TOKYO - La Corée du Nord a prévenu qu'elle procèderait dans les jours à venir à un tir d'essai à caractère militaire au large de la ville orientale de Wonsan, a déclaré la garde-côte japonaise.
Dans un courriel, la Corée du Nord a précisé que cet essai aurait lieu entre le 25 juin et le 10 juillet dans un périmètre de 11O km autour de Wonsan.
Il pourrait s'agir d'un tir expérimental de missile.
La garde-côte japonaise a déjà reçu depuis début juin deux avertissements intimant aux navires de rester éloignés d'une zone plus restreinte au large de ses côtes.
"Nous attendons de plus amples informations avant de décider comment réagir face à cette situation", a déclaré Shinya Suzuki, porte-parole de la garde-côte nippone.
La Corée du Nord tire régulièrement des missiles de courte portée dans le cadre de ses manoeuvres militaires. Elle les programme habituellement durant les périodes de tension politique afin d'accroître la pression.
Pyongyang a effectué le 25 mai dernier le deuxième essai nucléaire de son histoire, condamné par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a décidé de durcir les sanctions à l'encontre du régime communiste.
Certains experts attribuent désormais à la Corée du Nord l'intention de tirer un missile de longue portée vers Hawaï en représailles de cette décision internationale.
SEOUL (AFP) — La Corée du Nord qui s'est présentée lundi comme une "fière puissance nucléaire", a menacé de riposter en cas d'attaque américaine, alors que Washington surveille un bateau nord-coréen suspecté de transporter des armes.
Le Rodong Sinmun, organe du parti communiste nord-coréen, a accusé Washington de renforcer sa force de frappe dans la région et dénoncé comme "irresponsable" le fait que les navires américains pourraient stopper et fouiller les cargos nord-coréens.
"Tant que la DPRK (Corée du Nord) est une fière puissance nucléaire, les Etats-Unis devraient regarder attentivement à qui ils ont affaire", a encore mis en garde le Rodong Sinmun.
L'armée américaine surveille le Kang Nam 1, un navire de 2.000 tonnes, qui a quitté le port nord-coréen de Nampo (ouest) à destination de la Birmanie, et qui pourrait transporter des missiles ou une cargaison ayant un lien avec son programme de missiles, a rapporté dimanche la presse sud-coréenne.
Un responsable américain de la Défense avait indiqué jeudi que le navire américain USS John S. McCain surveillait le Kang Nam 1, dans le cadre de la nouvelle résolution de l'ONU, sanctionnant l'essai nucléaire nord-coréen du 25 mai.
Cette résolution prévoit un système renforcé d'inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord, y compris en haute mer, et un élargissement de l'embargo sur les armes.
Dans une interview qui devait être diffusée lundi, le président américain Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis étaient pleinement préparés "à toutes les éventualités" découlant d'un tir de missile nord-coréen contre leur territoire.
Interrogé pour savoir si ce propos signifiait un "avertissement" adressé à Pyongyang sur une "réponse militaire" à un tel tir, M. Obama a répondu: "Non. Cela veut juste dire que nous sommes préparés à toutes les éventualités".
Les Etats-Unis s'inquiètent d'un éventuel tir de missile nord-coréen vers Hawaï et ont pris des mesures pour protéger cet Etat américain situé au milieu de l'océan Pacifique.
Le fils aîné du dictateur nord-coréen, Kim Jong-il, aurait été victime d’une tentative d’assassinat à Macao. A la tête de l’opération, son jeune frère, appelé à diriger le pays.
En début de semaine dernière, Kim Jong-nam, 38 ans, fils aîné du dictateur nord-coréen Kim Jong-il, aurait échappé à une tentative d’assassinat à Macao - où il vit en partie depuis 2007. L’information a été révélée lundi par la chaîne de télévision sud-coréenne KBS, citant des «sources gouvernementales chinoises». Pour l’heure, peu de détails ont filtré sur la façon dont le complot a été monté et déjoué. Selon KBS, le commanditaire de cette tentative d’assassinat n’est autre que Kim Jong-un, 26 ans, le demi-frère de Kim Jong-nam, décrit comme «le nouvel homme fort de Pyongyang» par le site sud-coréen Dailynk.com. Selon les officiels chinois cités, les auteurs de l’attentat raté sont des «hommes de main» de Kim Jong-un. Une autre chose semble sûre : l’assassinat devait être conduit en deux temps. Des «soutiens» de Kim Jong-nam au sein du pouvoir à Pyongyang devaient d’abord être éliminés. Puis, le plan prévoyait d’attirer Kim Jong-nam dans un guet-apens pour l’assassiner. Le complot aurait été déjoué à temps par Pékin qui cultive de bons rapports avec Jong-nam depuis longtemps. Selon KBS, «le gouvernement chinois a mis en garde la Corée du Nord, exigé qu’elle mette un terme à la tentative d’assassinat, et a envoyé des agents et des officiers militaires à Macao qui ont emmené Kim Jong-nam en lieu sûr».
Frasques. Mais pourquoi donc Kim Jong-un aurait-il cherché à avoir la peau de son frère aîné ? Peut-être, d’abord, parce que dans la famille des Kim, Jong-nam est le mal-aimé. Il n’est plus le bienvenu à Pyongyang. Il est rejeté par son père depuis qu’il s’est fait arrêter à Tokyo, en 2001, alors qu’il tentait d’aller à Disneyland muni d’un faux passeport dominicain. Ses frasques, provocations et gaffes répétées exaspèrent le «Cher Leader». Elles semblent aussi agacer le petit frère et nouveau «Leader» du régime. Ces derniers mois, Kim Jong-nam a multiplié les voyages en Asie et en Europe. Sans égard pour les consignes de silence qui lui ont sans doute été imposées, il a accordé des entretiens à des reporters qui le suivaient, le harcelaient et le coinçaient dans une rue, le hall d’un aéroport… Dans plusieurs vidéos en ligne, sur Youtube, le rondelet Kim Jong-nam, presque tendance avec ses lunettes de soleil et son bonnet de laine, en jean ou en costume ivoire, ressemble tour à tour à un homme d’affaires pressé, à un touriste esseulé, à un geek décontracté ou bien à un adolescent attardé. Devant les caméras, on le voit répondre, sans agressivité dans la voix, avec un semblant de sincérité qui déconcerte. En octobre 2008, à Paris, la chaîne japonaise Fuji TV réussit à le filmer. Quelques semaines plus tard, les chaînes nippones NHK et TV Asahi obtiennent à leur tour des commentaires «exclusifs» de sa part. A TV Asahi, il dit «ne pas s’intéresser à la politique», «ne pas vouloir succéder» à son père… A tel autre reporter nippon, il dévoile son mal-être, son malaise. «De toute façon, mon père préfère mon plus jeune frère», lâche-t-il, le sourire gêné.
Purges. Puis vient la déclaration de trop, le 30 mars dernier. A Fuji TV encore, qui le guettait, et réussit (deux fois le même jour) à lui arracher quelques mots dans un hall de l’aéroport international de Pékin et à Macao, il estime carrément «justifiée» la réaction du Japon (armées en alerte, saisies d’instances de l’ONU…) avant le test imminent d’un missile balistique nord-coréen. Pour Pyongyang, c’en est trop.
Quand il étudiait en Suisse, à Berne, dans les années 90, Kim Jong-un était présenté par ses maîtres comme «réservé» et «placide» - il y apprenait l’anglais, l’allemand et le français sous le nom de Park Choy. Aujourd’hui, il est décrit par un spécialiste sud-coréen, à Séoul, comme atteint «du même grain de folie dictatorial que ses pères». Kim Jong-il et son père Kim Il-sung étaient experts en machinations politiques, intrigues de palais, purges sanglantes, et assassinats ciblés. A Pyongyang, à chaque passation de pouvoir, «les rivaux et éléments peu sûrs sont éloignés, voire éliminés», rappelle le chercheur sud-coréen Oh Kong-dan. Lorsque Kim Jong-il prit du grade, ses demi-frères et sœurs furent assassinés.
Kim Jong-un, lui, a bel et bien été adoubé comme successeur de Kim Jong-il. Selon le NIS - les services secrets sud-coréens - Pyongyang a même envoyé ces dernières semaines des télégrammes à ses ambassades à l’étranger pour confirmer la désignation et exiger de ses diplomates qu’ils fassent «allégeance». Aux côtés de son père, «Grand Soleil du XXIe siècle», Kim Jong-un est désormais, en Corée du Nord, «l’étoile du XXIe siècle». Mais l’apparent coup tordu et attentat raté de cette semaine pourrait aussi lui coûter cher. Car les Chinois en sont persuadés : il aurait agi sans l’aval de son père, Kim Jong-il. Le gouvernement chinois est en tout cas furieux de la tentative de meurtre fomentée sur son territoire et promet de «punir» le régime nord-coréen, en annulant des contrats de coopération économique, en pleine Année d’amitié sino-nord-coréenne.
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