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Les larmes de ce garçon trans ont ému Internet

  • Par belette0
  • Le jeudi, 27 Juillet 2017
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La mère d’un garçon de 9 ans a publié cette photographie pour mettre en lumière les conséquences désastreuses, pour les personnes transgenres, de la « loi toilettes » en débat au Texas.

« Nous n’avons pas choisi ce combat mais quand des politiciens utilisent ton enfant comme un pion de leur lutte politique, tu tentes de résister comme n’importe quelle maman poule. » Amber Briggle est la « maman poule » de Max, 9 ans. En mars dernier, ils étaient tous deux photographiés à la sortie du bureau du gouverneur du Texas, Greg Abbott. Max, jeune garçon trans, agenouillé en larmes, comprenait alors qu’il risquait d’être obligé d’utiliser les toilettes dédiées aux filles de son école. Lui qui, depuis trois ans, utilise uniquement des pronoms masculins pour se définir. Mercredi 19 juillet, Amber Briggle a décidé de poster cette photo sur son compte Facebook pour alerte l’opinion publique sur la « bathroom bill » en débat en Texas.

Voici mon fils transgenre en larmes, en sortant du bureau du gouverneur du Texas, Greg Abbott. Puis-je vous avouer à quel point je n’en peux plus de devoir réconforter mon enfant et le protéger de ces brutes d’Austin [ville du Texas, ndlr] ? Laissez-moi juste être claire une seconde. Cela est tellement injuste. Il mérite des vacances au soleil avec ses amis, pas une ridicule bataille politique avec la législation du Texas. Ce n’est pas juste. J’en suis folle de rage.

La « loi toilettes » soutenue par le gouverneur

Cette « loi toilettes » veut contraindre les personnes trans à utiliser les toilettes correspondant à leur genre de naissance dans les bâtiments officiels, même si celui-ci est contraire à leur identité de genre vécu. Deux jours après la publication de la photo de Max, la loi a été approuvée par un groupe de sénateurs texans chargé des affaires sociales de l’État. Elle n’est cependant pas encore adoptée : elle doit maintenant être soumise au Sénat du Texas dans son ensemble, acquis aux conservateurs. Elle sera ensuite présentée à la Chambre des représentants, elle aussi majoritairement conservatrice.

Dans le Huffington Post, Amber Briggle interpelle le gouverneur Greg Abbott :

Êtes-vous certain de vouloir cette législation ? (…) Êtes-vous sûr de vouloir jouer à ce jeu, alors que vous faites pleurer des petits garçons comme Max ?(…) La NFL (Ligue Nationale de Football Américain), la NBA (Ligue Nationale de Basket) et l’équipe des Scouts accueillent à bras ouverts les petits garçons transgenres, alors pourquoi est-ce si compliqué pour vous de comprendre ?

Surtout, cette mère de famille ne comprend pas que Greg Abbott ne tire pas la leçon de son homologue Pat McCrory, ancien gouverneur de Caroline du Nord, à qui l’adoption d’une législation similaire avait coûté très cher. En plus d’un boycott massif contre son État, l’échec du politicien lors des dernières élections serait en grande partie liée à cette loi. Il serait également difficile pour Pat McCrory de trouver un nouvel emploi : en mars 2017, il racontait au New York Times que les employeurs craignaient de l’embaucher à cause de sa bigoterie. 

 

 

« Vos mots font une différence »

Avec plus de 20.000 likes et 7.000 partages de sa publication, Amber Briggle a réussi à faire entendre son indignation. Dans le Huffington Post, elle s’adresse à tous les citoyens et citoyennes du Texas et d’ailleurs :

Aimez vos enfants. Ce n’est pas difficile. Si vous êtes plus préoccupé par ce que votre voisin ou votre collègue pourrait dire au sujet de votre enfant transgenre que par l’importance de lui apprendre qu’il peut vivre comme il est, alors vos priorités ne sont pas les bonnes. Ne soyez pas le premier tyran de votre enfant, aidez-le à se défendre contre ceux qui ne l’acceptent pas, protégez-le de votre amour inconditionnel.

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Puis, dans un commentaire de sa propre publication, elle a enfin tenu à remercier celles et ceux qui ont participé à relayer son propos :

Je n’avais pas prévu que cette photo recevrait tant d’attention, mais j’en suis très contente car elle contribue à relayer les histoires de personnes transgenres et à faire face aux défis très réels auxquels sont particulièrement confrontés ces enfants. (…) Sachez que vos mots font une différence. Si nous ne nous sentions pas aimés et soutenus, nous ne serions pas aussi courageux. Nous savons qu’il y a d’innombrables personnes LGBTQ qui ne sont pas aimées et acceptées à la maison / au travail / à l’église / à l’école… Nous avons décidé en tant que famille que nous continuerons à parler pour eux autant que nous parlerons pour Max.

 

Trans lgbt transgenres

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