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Taux de glyphosate dans les urines : 1200 citoyens portent plainte

Les taux de glyphosate relevés dans les urines de milliers de citoyens atteignent jusqu’à 40 fois le seuil autorisé dans l’eau potable. Les dépôts de plainte se multiplient.

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Depuis un an, à l’initiative de l’association Campagne Glyphosate, 1 500 personnes ont testé leur taux de glyphosate dans les urines. 300 plaintes ont été enregistrées, 900 sont en cours de dépôt. En tout, 5 000 plaintes citoyennes sont prévues d’ici la fin de l’année, pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteintes à l’environnement.

40 FOIS LA CONCENTRATION MAXIMALE AUTORISÉE

Sont visés nommément : les présidents de nombreuses entreprises et institutions françaises, allemandes et européennes, « toute personne impliquée dans la distribution et la large diffusion dans l’environnement de molécules probablement cancérigènes de glyphosate ».

Sur toutes les personnes testées, quel que soit leur âge, 100 % des analyses d’urine s’avèrent positives au glyphosate, à des taux allant jusqu’à 40 fois le seuil de pesticide autorisé dans l’eau du robinet. Soit un maximum de 4 nanogrammes/ml d’urine constaté lors des prélèvements, pour une concentration maximale autorisée de 0,1 ng/ml dans l’eau du robinet. Les prélèvements sont réalisés partout en France, dans 70 départements jusqu’à présent.

BIDONS DE ROUNDUP COUVERTS DE PEINTURE

« Lorsqu’elles reçoivent le résultat, certaines personnes prennent une grosse claque. On voit des gens qui fulminent de rage ! », raconte Dominique Masset, faucheur volontaire en Ariège et cofondateur de Campagne Glyphosate. « L’idée de la plainte que nous portons est de faire sortir de l’anonymat les personnes responsables tout au long de la chaîne de fabrication et d’autorisation du glyphosate. Leurs successeurs sauront qu’ils seront un jour confrontés pénalement à des citoyens qui leur demandent des comptes. »

Comment a démarré l’initiative ? En 2017 ont lieu cinq procès de faucheurs volontaires. Ils sont jugés pour avoir couvert de peinture des bidons de Roundup (l’autre nom du glyphosate) dans des jardineries, à Privat, Foix, Béziers et en Bretagne. « On a demandé au tribunal d’interroger la Cour de Justice européenne sur le respect du principe de précaution lors de l’évaluation des pesticides en Europe », explique Dominique Masset. Le tribunal l’a fait et le procès a été suspendu. Cela dure maintenant depuis plus de deux ans, nous n’aurons pas de réponse avant des mois… »

TOUS LES CITOYENS CONCERNÉS

Quelques faucheurs volontaires en Ariège ont alors l’idée de tester la présence de glyphosate dans leurs urines. L’objectif : présenter ces résultats obtenus devant huissier au juge comme preuve de la rémanence du glyphosate dans le corps humain. « On mange tous bio. On vit en pleine campagne, sans aucun épandage. On peut difficilement avoir un mode de vie plus sain. Et nos urines en contiennent toutes ! C’est sidérant. »

Face à la lenteur de la justice et au renouvellement pour cinq ans de l’autorisation de mise sur le marché du glyphosate en Europe, fin 2017, les faucheurs volontaires ariégeois se regroupent. Ils décident d’élargir leur action à tous les citoyens, concernés comme eux. Ils créent alors l’association Campagne Glyphosate, avec des relais associatifs locaux dans chaque département.

LES PREUVES S’ACCUMULENT

En parallèle se constitue un groupe de scientifiques intéressés par cet échantillonnage hors norme de plus de 5 000 personnes. Pluridisciplinaire, il se compose de biologistes, sociologues, médecins, géographes, statisticiens et spécialistes de l’eau. « Nous avons de plus en plus de demandes de scientifiques qui souhaitent rejoindre ce groupe de travail », se réjouit Dominique Masset. Les prélèvements d’urine s’accompagnent en effet d’un questionnaire sur le mode de vie de chaque personne, une source de données importante.

Pour l’heure, l’instruction des plaintes citoyennes est en cours. « On espère que les tribunaux vont se mobiliser rapidement et que cela ne va pas traîner pendant vingt ans », confie Dominique Masset.

Le premier objectif poursuivi concerne l’interdiction du glyphosate en Europe. Mais qu’en est-il des autres herbicides, pour certains aussi toxiques que le glyphosate ? « Le glyphosate est le plus utilisé au monde. Nous nous sommes concentrés sur lui comme les preuves contre lui s’accumulent et qu’il est le plus visible. Mais l’idée générale est d’arrêter tous les pesticides, pas seulement le glyphosate bien sûr ! »

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