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COMPRENDRE, CE N’EST PAS APPROUVER :


PETIT RETOUR SUR L’HISTOIRE
Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Cela fait bien longtemps que l’atome titille les responsables politiques, économiques ou militaires.
Octobre 1945, 5 mois après la  n de la guerre : Charles de Gaulle crée par décret le Commissariat
à l’Énergie Atomique (CEA). Il a l’objectif de développer une bombe française. Dix ans plus tard, avant même la bombe atomique, la commission PEON (Production d’Electricité d’Origine Nucléaire) est créée. Elle regroupe des énergéticiens, des industriels et des politiques.
En mars 1973, le plan Messmer lance le programme et la stratégie nucléaire française.

 


CE PLAN ÉTAIT MOTIVÉ PAR :
• Le premier choc pétrolier, qui mettait en évidence la forte dépendance française à l’étranger pour son développement.
• La demande d’électricité, qui doublait tous les 10 ans, suivant la croissance forte des Trente glorieuses • Notre dépendance énergétique aux ressources fossiles (gaz, charbon, pétrole) qui était limitées,
voire quasiment inexistantes sur le territoire français.


PLUSIEURS FACTEURS ONT CONDUIT AU CHOIX DU TOUT-NUCLÉAIRE :
• L’uranium était disponible dans le sous-sol français. On le croyait abondant.
• L’expertise française dans le domaine nucléaire était indiscutable. Les outils étaient disponibles : « piles atomiques », enrichissement de l’uranium ; fabrication du combustible ; retraitement des combustibles irradiés pour en séparer le plutonium. Ils dataient des années 60 pour la mise au point de la bombe atomique.
• L’industrie Framatome, créée par Schneider, Merlin-Gérin et Wetsinghouse pour exploiter le brevet des réacteurs à eau pressurisée (PWR) acheté en 1959 et la sidérurgie nationale (Creusot...) pouvait concevoir et réaliser des réacteurs nucléaires « made in France ». Le développement certain du nucléaire allait ouvrir des marchés. La France y occuperait une place privilégiée.


LE PLAN MESSMER SE DÉCLINAIT SELON DEUX AXES :
• Recours massif à l’électricité pour les usages industriels et domestiques (aller vers un pays « tout électrique »)
• Recours massif au nucléaire pour répondre aux besoins accrus (aller vers une électricité « tout nucléaire ») Ce plan, avalisé par Giscard d’Estaing, prévoyait la réalisation de 85 centrales en 1985 (70% de l’électricité),
et 170 en l’an 2000 (100% de l’électricité).
À l’époque, les problèmes écologiques et climatologiques étaient niés ou ignorés, malgré des mouvements sociaux pionniers. Des pêcheurs et agriculteurs, scienti ques, étudiants, écologistes, syndicalistes et citoyens se mobilisent à partir des années 1960 contre le nucléaire civil. Ils sont a olés par les dangers, e arés par les dégâts des tests nucléaires sur les populations coloniales scienti ques, hostiles à la propagande d’État, mé ants vis-à-vis des technocrates qui prennent des décisions industrielles dangereuses, ou critiques du gaspillage économique. Mais le lobby nucléocrate parvient à les juguler et à les inclure dans des dispositifs de « discussion » pour adoucir la critique, comme les commissions locales d’information.
Pour beaucoup de partisans du nucléaire civil, toutefois, il s’agissait d’une énergie très sûre. Avec une croyance aveugle dans la science, ils étaient convaincus que les déchets nucléaires seront traités par les futurs scienti ques. Ils étaient  ers que la France marche en pointe du « progrès ».

 

AUJOURD’HUI ?
• Les mines d’Uranium ont fermé. Il ne reste plus qu’une « réserve stratégique ». Tout l’Uranium « français » provient de l’étranger.
• Après les déboires de Superphénix, et aujourd’hui de l’EPR, la fameuse capacité de la France à faire du nucléaire industriel en a pris un coup. Le pays n’a vendu qu’une quinzaine de réacteurs dans le monde en 45 ans.
• Le nucléaire est en perte de vitesse. Selon l’AIEA, les nouveaux réacteurs ne compensent pas les fermetures. En 2016, le nucléaire représentait à peine 15% de l’électricité mondiale.
• Sur les 450 réacteurs de puissance construits dans le monde, 5 ont déjà connu une fusion totale de cœur. On en connaît les conséquences à Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima.
• Plus aucun scienti que n’imagine régler le problème des déchets. Il est vraiment temps de passer à autre chose.

UN TOUT PETIT POINT TECHNIQUE
(IL EN FAUT)
Radioactivité :

Certains éléments (l’Uranium, par exemple) ne sont pas stables. Ils se transforment (en une période donnée) en d’autres éléments plus légers, pour aller jusqu’au Plomb. En se transformant, ils perdent de l’énergie sous 3 formes possibles : rayons alpha (noyaux d’Hélium), lourds et vite arrêtés (un papier ou la peau su t) ; rayons Bêta (électrons), plus légers et plus pénétrants (une feuille de métal les stoppe) ; rayons Gamma (des photons) très pénétrants (il faut beaucoup de plomb pour les bloquer). La radioactivité est un phénomène naturel.


Fission :
Casse de noyaux atomiques (pas forcément radioactifs) en leur envoyant de l’énergie (en général, des neutrons). Les débris de ces noyaux cassés sont en général radioactifs. Dans un réacteur nucléaire, on fait  ssionner des noyaux d’Uranium235 (= moins de 1% de l’Uranium naturel). Si la  ssion « s’emballe », on a une bombe. Si elle est « contrôlée », on a un réacteur nucléaire.
L’Uranium235 est un des seuls éléments naturels qui  ssionne facilement.


Période (ou demi-vie) :
Le temps que met la moitié d’un élément radioactif pour disparaître par radioactivité. Mais la masse, elle, ne change pas.
Exemple : le Plutonium a une période de 24 000 ans. Si vous prenez 1 kg de plutonium, après 24 000 ans, vous aurez toujours 1 kg, mais seulement 500g de Plutonium. Les autres 500g seront des descendants du Plutonium (souvent radioactifs aussi).


Enrichissement :
Le « bon » Uranium235, celui qui  ssionne bien, n’existe qu’à moins de 1% de l’Uranium extrait des mines. Pour faire du combustible de centrale, il faut entre 4 % et 6 % d’Uranium 235 dans le combustible nucléaire (les autres 96 % seront des déchets radioactifs). C’est l’enrichissement. Une bombe requiert au moins 90% d’Uranium235. Qui sait enrichir est en capacité de créer des centrales aussi bien que des bombes.


Retraitement :
Technique permettant de séparer un peu les di érents éléments radioactifs contenus dans les combustibles nucléaires après passage en réacteur. Elle a été mise au point pour récupérer le Plutonium créé dans les réacteurs. Le Plutonium n’existe plus dans la nature. mais il est très e cace pour faire une bombe atomique, comme celle jetée sur Nagasaki. Mais aujourd’hui, le Plutonium créée dans les réacteurs nucléaires n’est pas du bon Plutonium. Le retraitement ne sert donc plus à grand-chose... sauf à faire gagner ou dépenser de l’argent (EDF paye très cher AREVA pour retraiter).


Économie du Nucléaire :
L’économie du nucléaire fonctionne très bien en vase clos. EDF paye très cher AREVA pour enrichir l’Uranium et retraiter les déchets. Puis, AREVA est le premier client d’EDF pour la consommation électrique.

 

1. LE NUCLÉAIRE EST UNE ÉNERGIE SALE
La  ssion nucléaire ne dégage pas de gaz à e et de serre (CO2 et autre). C’est l’argument majeur d’EDF, qui parle d’énergie « décarbonée ».
Mais dans son fonctionnement normal – sans évoquer d’accident – une centrale rejette dans l’environnement toute une panoplie d’éléments radioactifs. Certains sont assimilés par le corps humain qui les confond avec leur analogue non radioactif (iode dans la thyroïde, strontium confondu avec le calcium, etc...). Bien entendu, ces rejets sont toujours en-dessous des normes légales. Mais les normes légales ont justement été calculées à partir des rejets des centrales ! Tout cela est une pollution, néfaste à notre santé.
La chaleur est aussi polluante. Comme toute centrale thermique, une centrale nucléaire a un rendement de l’ordre de 30 %.Pour produire 1 MW d’électricité, il faut d’abord produire 3 MW thermique. Et donc, envoyer dans l’environnement 2 MW de chaleur.
Le cycle total d’une centrale est également polluant. Un cycle total regroupe la construction de la centrale, l’extraction et la préparation du combustible, le retraitement et autres joyeusetés pour produire du courant. Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) sont championnes des émissions de CO2, mais elles sont suivies par le photovoltaïque et le nucléaire, loin devant l’éolien et surtout l’hydraulique qui sont bien moins polluants. Et encore, si l’on inclut le démantèlement, le nucléaire devient largement plus polluant que le photovoltaïque.
Les mines qui extraient « notre uranium » au Niger, au Canada, en Australie et au Kazakhstan présentent toutes le même pro l : pollution absolue de l’eau, poussières et minerais radioactifs à l’air libre.


2. LA SORTIE DU NUCLÉAIRE GARANTIT L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE
D’après l’INSEE, la dé nition o cielle de « l’indépendance énergétique » est « le rapport entre la production nationale d’énergies primaires et la consommation en énergie primaire ». C’est-à-dire la somme de production d’énergie primaire, rapportée à sa consommation. Si l’on produit 100 et que l’on consomme 100, on a 100% d’indépendance.. Mais cette dé nition est piégeuse : elle concerne la « production d’énergie primaire », l’énergie directement utilisable. Donc l’uranium... à partir de son traitement ! Ainsi, formellement, l’uranium nous rend indépendant, à condition de fermer les yeux sur son importation depuis des mines à l’étranger. Comme si l’on se déclarait indépendant sous prétexte que le pétrole importé est ra né en France.
En réalité, si l’on tient compte de l’importation totale de l’uranium, l’indépendance énergétique de la France atteint di cilement les 10%. Cela pose de redoutables problèmes géopolitiques. Si une source d’approvisionnement venait à se fermer, pour une cause d’instabilité ou de crise économique, nous nous retrouverions avec des centrales incapables de tourner.
Pourtant, nous avons en France les moyens de notre indépendance : le vent, le soleil, l’eau, sont illimités et gratuits.

 

3. LA SORTIE DU NUCLÉAIRE EST UNE SOURCE D’EMPLOIS
Le lobby nucléocrate assène régulièrement une formule qui semble évidente : sans nucléaire, des milliers d’individus seraient mis au chômage.
Rien de plus faux ! Déjà, l’immense majorité des employés du nucléaire sont soit fonctionnaires soit assimilés. Il est donc presque impossible de mettre au chômage un employé d’EDF, d’AREVA, de l’ANDRA, de l’IRSN ou du CEA. Sans compter que la sortie du nucléaire, qui sera longue, nécessitera durant de longues années encore des travailleurs quali és.
Surtout, la sortie du nucléaire va requérir de nombreux recrutements ! Elle sera longue, et des travailleurs de toutes quali cations vont devoir être embauchés pour l’assurer pendant des années.
L’exemple de l’Allemagne est illustratif. Entre 2011 et 2017, notre voisin a fermé 9 centrales nucléaires. Dans le même temps, la part des renouvelables dans la production électrique a grimpé de 20% à 35 % (le double de la France !). Sur la période, plus de 200 000 emplois ont été créés. Le passage aux énergies renouvelables a un e et d’entraînement sur l’économie nationale.


4. LA SORTIE DU NUCLÉAIRE, AVEC LES SOUS-TRAITANTS !
De la production à la distribution, de l’enrichissement au traitement des déchets, tous les secteurs de l’industrie nucléaire ont recours aux salariés sous-traitants. Aucun d’entre eux ne sera sacri é, car la sortie du nucléaire est le moyen de créer des emplois, mais aussi de stabiliser les emplois existants. En e et, plus de 80 % des activités concernant les installations nucléaires repose sur les sous-traitants. Pourtant, ils sont les plus mal considérés. Précaires sans statut spéci que, ils n’ont même pas droit au même suivi médical que leurs collègues d’EDF, d’ORANO, du CEA.... Alors qu’ils subissent la majorité des accidents du travail, la plupart des cas d’irradiation ou de contamination. Sans aucune garantie d’emploi, les salariés sous-traitants du nucléaire sont trop souvent réduits au statut de véritables forçats de l’industrie nucléaire.
Toutefois, par leur expérience professionnelle, par leurs compétences, par leurs connaissances techniques indispensables, ils sont au centre de la sûreté de toutes les installations. Nous savons que la sortie du nucléaire prendra du temps. Si l’on veut qu’elle se passe sans accroc, sans rien lâcher sur la sécurité, il faut inclure les salariés sous-traitants. Aussi la constitution d’un pôle public de l’énergie est-il impératif pour leur permettre d’accéder aux statuts et aux garanties normales de leurs collègues, a n que le travail de sortie du nucléaire soit accompli dans les meilleures conditions – et qu’il soit orienté dans l’intérêt des populations plutôt que dans celui des grands groupes  nanciers. Les salariés sous-traitants ne sont pas le maillon faible du nucléaire, ils en sont le maillon  able !

 

5. LA SORTIE DU NUCLÉAIRE RAPPORTE DE L’ARGENT
Depuis la Libération et la création d’un service public en charge de l’administrer, l’énergie n’est pas un bien dont le prix varie sur un marché. Il n’y a pas de spéculation sur l’électricité. C’est aussi le cas de l’essence, dont le prix a peu de rapport avec les cours du pétrole. Le gouvernement  xe donc le prix de l’énergie.
Dans les années 1970, le gouvernement a décidé que l’électricité devait être bon marché, malgré son origine nucléaire. Depuis, EDF est dé citaire et gère un endettement de 50 milliards d’euros. Puisque l’État est actionnaire principal (à 84%), ce sont nos impôts qui garantissent la dette d’EDF. Le problème est qu’en 2017, l’État a dû mettre 4 milliards d’euros de nos impôts pour ren ouer EDF... et le forcer à racheter un bout d’Areva, qui appartient aussi à l’État ! Nos impôts rachètent ce que nous possédons déjà, et qui est en faillite.
En 2014, le PDG d’EDF demandait une augmentation du prix du kWh de 25%, a n d’assurer les dépenses futures du nucléaire français. Notamment le « grand carénage », l’allongement à un prix exorbitant de la durée de vie des réacteurs normalement périmés. Le nucléaire met EDF en faillite, à nos frais. Plus personne ne conteste aujourd’hui que le coût du kWh nucléaire a dépassé celui de l’éolien. Les énergies renouvelables sont le seul moyen de garder une énergie peu chère, sans investir des milliards à fonds perdus dans un « grand carénage » qui va coûter bien plus cher qu’annoncé : 48 milliards d’euros pour EDF, plus du double pour la Cour des Comptes et Greenpeace - à peu près le prix de 2 millions d’éoliennes !
Pour mémoire : EDF persiste à estimer le coût du grand carénage à 55 milliards. La Cour des Comptes voit plutôt 97 milliards.
Aujourd’hui, il est admis que l’énergie nucléaire est très chère : une étude récente de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) estime qu’à l’horizon 2020, le coût des énergies renouvelables (entre 3 et 10 dollars par MWh) sera au même niveau que celui des énergies fossiles (entre 5 et 17 dollars par MWh)
De son côté, l’ADEME (dépendant du Ministère de l’Environnement) a publié son étude de coûts comparatifs en décembre 2016 : et comme un tableau vaut mieux qu’un long discours :

 


 Énergie
 
Coût de production (en € /MWh)
 Hydraulique
  
Entre 15 et 20
   Éolien terrestre
Entre 55 et 90
 Éolien marin
 
Entre 140 et 320 (ancré ou  ottant)
 Solaire
 
Entre 70 et 130
 Nucléaire
 
50 (sans démantèlement,ni grand carénage)
 Fossile (Gaz et Charbon)
 
100
 Nucléaire EPR
 
120 (sans démantèlement)

 

Pour les renouvelables, la tendance est à la baisse, du fait de la multiplication. Et en plus, le combustible est gratuit. Pour les autres énergies, la tendance est à la hausse. Et en plus, le prix du combustible dépend de la géopolitique ou des cours boursiers !
En plus, le nucléaire coûte très cher en « investissements de recherche » :
• sur les réacteurs nucléaires « du futur » (génération IV et autres joyeusetés) ? 1 milliard d’euro par an.
• le futur surgénérateur ASTRID (prévu pour les années 2040 au mieux) ? Au moins 5 milliards.
• ITER, le démonstrateur de fusion censé produire 8 minutes de fusion énergétique, vers 2040, malgré le scepticisme de nombreux scienti ques ? 1,5 milliard pour 8 minutes...
• son successeur, DEMO, sera au moins 30 % plus gros, coûtera au moins le double, et produira moins de 1 000 MW à la  n du siècle.
Le nucléaire vit sous perfusion d’argent public. Les dépenses de recherche et développement orientées vers le nucléaire ne sont pas répercutées dans le prix de l’électricité, car ce sont directement nos impôts qui les  nancent. Idem pour la cotisation de la France à Euratom, l’organisation européenne de promotion du nucléaire. Des milliards d’euros de coûts cachés sont ainsi disséminés dans le budget de la Nation pour le nucléaire.

 

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