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Manche : un médecin jugé pour apologie de crime contre l'humanité

Ce généraliste de Cherbourg avait tenu en public des propos indécents sur les personnes handicapées.

Le 21 janvier, alors qu'il intervenait au chevet d'un patient handicapé, Jean-François Pion s'était confié à une infirmière de la maison d'accueil spécialisée de La Glacerie, près de Cherbourg, établissement accueillant des adultes handicapés dépendants. Généraliste chez SOS Médecins, le praticien parle du sort de ceux qu'il appelle « les neuneus » et défend « la logique » de leur extermination par le régime nazi, « avec un bon coup de cyanure ». Pendant près de quarante minutes, il développe sa pensée auprès de l'infirmière, médusée. Le médecin évoque même un QI minimum en dessous duquel il faudrait interdire aux personnes handicapées de se reproduire « pour éviter à la société de les entretenir ».

Des propos qui lui valent aujourd'hui de comparaître à Cherbourg pour apologie de crime contre l'humanité et incitation à la haine contre la personne handicapée. La chambre disciplinaire du conseil régional de l'ordre l'avait déjà suspendu en juillet pendant six mois, dont trois avec sursis. Convoqué une nouvelle fois devant ses pairs samedi dernier, le Cherbourgeois, qui a fait appel de la sanction, persiste : il n'a pas cautionné la solution finale. Lui parle de propos « philosophiques » tenus sous le coup de la fatigue. Surtout, « l'infirmière n'a pas saisi le fond de sa pensée, qui a été dénaturée », insiste son avocat.

Il prône l'euthanasie

A quelques mètres, Anne Tugaut s'emporte. L'avocate havraise défend l'Acais, une association du Nord-Cotentin qui milite pour l'insertion des handicapés mentaux. Elle ne croit pas à un « laisser-aller accidentel » du généraliste, mais dénonce son « habitude récurrente à prôner l'euthanasie ». La preuve ? Les deux nouveaux témoignages recueillis depuis la première audience, il y a six mois. Évoquant l'état de santé d'un patient handicapé, Jean-François Pion aurait notamment préconisé le recours « à une cartouche de sanglier », avant de prôner l'euthanasie d'une autre patiente handicapée.

En attendant une éventuelle sanction pénale, la chambre disciplinaire du conseil régional de l'ordre se prononcera avant la fin du mois. Jean-François Pion risque la radiation.

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