Nicolas Sarkozy : ;La rémunération des dirigeants doit être encadrée

 

Nicolas Sarkozy s'est livré, jeudi 25 septembre, à une violente charge contre la"folie" d'un système financier qui a conduit à une "crise sans équivalent depuis les années 1930". "Ce système, (...) ce n'est pas l'économie de marché, ce n'est pas le capitalisme", a-t-il plaidé devant des milliers de personnes réunies dans le Zénith de Toulon.

            Comme il l'avait fait en juin 2006 à Agen lorsqu'il était candidat, le président de la République a opposé les "entrepreneurs" aux "spéculateurs", qui ont "caché les risques toujours plus grands qu'on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants". Selon lui, le système actuel a "trahi l'esprit du capitalisme", un capitalisme "qui a permis l'essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis sept siècles".

Le chef de l'Etat s'est aussi livré à une entreprise de "vérité", prévenant les Français que "la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat". "Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise n'est pas finie, que ses conséquences seront durables, que la France est trop engagée dans l'économie mondiale pour que l'on puisse penser un instant qu'elle pourrait être à l'abri des évènements qui sont en train de bouleverser le monde."

Prônant un "nouvel équilibre entre l'Etat et le marché", M. Sarkozy  a appelé "à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle". "La moralisation du capitalisme financier demeure la priorité."

"LES RESPONSABLES DE CE NAUFRAGE DOIVENT ÊTRE SANCTIONNÉS"

Au chapitre – bref – des propositions, Nicolas Sarkozy s'est attaqué aux "parachutes dorés" et aux "modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs". Ces derniers doivent être "encadrés", a estimé le président. "Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l'année."

Selon lui, la rémunération des dirigeants d'entreprise – "élevée parce qu'ils ont de lourdes responsabilités" – doit être "indexée sur les performances économiques réelles de l'entreprise". Sans donner de détails sur d'éventuelles mesures de rétorsion, Nicolas Sarkozy a estimé que "les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement".

Ensuite, parce que "les banques sont au cœur du système", il faut "réglementer les banques pour réguler le système". Pour cela, le chef de l'Etat a réclamé plus de contrôles, notamment sur "la façon dont elles font leur métier, la manière dont elles évaluent et dont elles gèrent leurs risques, l'efficacité de leurs contrôles internes…"

Nicolas Sarkozy a également dit son intention de "s'attaquer au problème de la complexité des produits d'épargne et de l'opacité des transactions", évoquant des "questions qui fâchent comme celle des paradis fiscaux, celle des conditions dans lesquelles s'effectuent les ventes à découvert" ou le contrôle des agences de notation. Il a aussi mis en cause le "désordre des monnaies" qui "affecte les échanges mondiaux".

Le Monde.fr

 

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !