Nicolas Sarkozy parle économie à Toulon dans un contexte tendu

 

Nicolas Sarkozy dévoile ce jeudi soir à Toulon (Var) ses priorités économiques à la veille de la présentation d'un budget 2009 qui s'annonce très serré, dans un contexte tendu par la tempête financière mondiale.

Le discours que prononcera le président français en fin d'après-midi devant 4.000 personnes réunies au Zénith de la ville donnera le cap d'une rentrée économique délicate.

Entouré du Premier ministre, François Fillon, et d'une grande partie du gouvernement, le président de la République "mettra en perspective les décisions qui ont été prises et celles qui le seront", s'est contenté de commenter l'Elysée.

Le chef de l'Etat s'efforcera de trouver des mots à même de rassurer une opinion échaudée par la crise boursière mondiale née aux Etats-Unis qui fragilise les banques et fait fondre les économies des petits épargnants.

Elle vient s'ajouter à la lancinante question de la baisse du pouvoir d'achat que les Français placent depuis plusieurs mois en tête de leurs priorités dans les sondages.

Nicolas Sarkozy devra aussi répondre à la grogne de parlementaires, qui craignent une multiplication des taxes, notamment pour financer le revenu de solidarité active (RSA), et aux inquiétudes exprimées par certaines professions comme les postiers et les agents de la RATP.

Tout juste de retour de New York, ou il a lancé un appel à la moralisation de l'économie à la tribune des Nations unies, Nicolas Sarkozy pourrait évoquer à Toulon l'interdiction des "parachutes dorés", qui choquent nombre de ses concitoyens.

PARACHUTES DORÉS

La présidente du patronat français (Medef), Laurence Parisot, lui a apporté son soutien dans son désir de supprimer ces indemnités de départ accordées à des patrons quittant une entreprise qu'ils n'ont pas forcément fait prospérer.

A quelques heures de la prise de parole présidentielle, les observateurs n'attendaient jeudi aucune annonce choc, rappelant l'absence quasi totale de marge de manoeuvre pour le gouvernement dans un contexte marqué par un ralentissement de la croissance, qui pourrait se limiter à 1% en 2008 et 2009.

Rappelant, aussi, que Nicolas Sarkozy se retrouve en difficulté sur quatre sujets qu'il avait portés pendant sa campagne électorale : la croissance, le pouvoir d'achat, l'impôt et la maîtrise des déficits.

Le projet de budget 2009 doit être présenté vendredi matin en conseil des ministres et le déficit des finances publiques françaises devrait y flirter avec le seuil maximal de 3% du PIB permis par la participation à l'euro.

L'opinion publique porte un jugement impitoyable sur la politique économique du gouvernement : selon un sondage BVA paru mercredi, 62% des Français la désapprouvent.

Une sévérité que l'on retrouve dans les mots de l'opposition.

Les socialistes, pour qui Nicolas Sarkozy a "vidé les caisses de l'Etat avec le paquet fiscal", craignent que le discours de Toulon ne soit qu'un "grand numéro de communication".

Même constat de la part du président du Mouvement démocrate, François Bayrou, pour qui le chef de l'Etat parle mais ne fait "rien".

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

 

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