L’UE ouvre la voie à la pêche électrique : « les lobbies de la pêche industrielle ont gagné »

Ce mardi, la commission de la pêche du Parlement européen a voté très majoritairement (23 voix contre trois) un amendement en faveur de l’extension de la pêche électrique en Europe. Si l’amendement doit encore être soumis au vote des eurodéputés en séance plénière, les associations qui militent pour la protection des ressources et écosystèmes marins ont dénoncé cette prise de position qui va à l’encontre de tout principe de précaution et menace d’accélérer la désertification de nos océans…

La pêche électrique est une technique de pêche aux conséquences encore largement méconnues. Elle consiste à « envoyer des décharges dans les sédiments afin de capturer plus facilement les poissons plats qui y sont enfouis », selon l’association Bloom. En somme, il s’agit de remplacer les chaînes des filets (lestés) par des électrodes, puis de les faire racler les fonds marins. Une fois remontés à la surface, les poissons apparaissent couverts de brûlures et d’ecchymoses, le squelette déformé par l’intensité de l’électrocution.

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l’Europe avait déjà interdit la pêche électrique en 1998, de même que la Chine, les Etats-Unis ou même le Brésil. Bruxelles avait toutefois accordé une dérogation aux Pays-Bas en 2007, lui permettant d’équiper 5% de sa flotte de chalutiers en équipement électrique et limitant les décharges à 15 volts. Ces permissions aveugles qui occultaient déjà tout principe de précaution, avaient de surcroît été outrageusement transgressées par les Pays-Bays qui ont en réalité équipé 28% de leur flotte et exercé des décharges de l’ordre de 40 à 60 volts.

En votant cet amendement, la commission de la pêche du Parlement européen voudrait permettre que 5% des navires de tous les secteurs de la pêche confondus puissent être équipés en filets électriques, et 100% dans la zone de la Mer du Nord (qui concerne donc en majorité la flotte néerlandaise). Derrière cette proposition clairement dangereuse pour la survie des écosystèmes marins, on se doute bien que se trouve l’influence des lobbies industriels. En effet, ceux-ci voient dans la pêche électrique un moyen de diminuer leur coût de production (et donc de maintenir leurs marges) dans la mesure où la consommation de carburant serait deux fois moins importante pour un chalut à impulsions, plus léger qu’un chalut conventionnel.

Il ne nous reste plus qu’à espérer que le Parlement européen se prononce contre ce projet qui, en dépit de toutes les alertes de la communauté scientifique, perpétue la logique de prédation démesurée, là où tout voudrait que nous fassions preuve de la plus grande prudence si nous ne voulons pas que nos océans se transforment en déserts.

 

Source : http://www.bloomassociation.org/ et credit photo

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