Les écoutes téléphoniques explosent en France

RENSEIGNEMENT

Les écoutes téléphoniques explosent en France

Les « grandes oreilles » de la s'allongent. Dans une étude dont Le Figaro publie des extraits mardi, on apprend que les écoutes judiciaires en ont été multipliées par quatre entre 2001 et 2008.

Mais la ne ferait que rattraper son « retard », puisque les interceptions resteraient moins courantes que dans les pays voisins.

Dans une étude de 133 pages, Claudine Guerrier, enseignante et chercheuse à l'école Télécom et management Sud-Paris, démontre que les magistrats français ont de plus en plus recours aux interceptions judiciaires. En sept ans, les écoutes sur demande des magistrats sont passées de 5 845 en 2001 à 27 000 en 2007. A noter que Le Figaro a réussi à se procurer les chiffres pour l'année 2008.

Cette surveillance coûte en tout cas assez cher : 497 euros hors taxes pour chaque écoute sur un téléphone fixe et 88 euros hors taxes pour un téléphone mobile.

Une plate-forme pour centraliser les écoutes

Pour dégager 45 millions d'euros d'économies, le document explique qu'une plate-forme nationale d'interceptions judiciaires a été mise en place en 2007. Celle-ci a pour objectif de centraliser les différents sites d'écoutes judiciaires disséminés sur tout le territoire. L'endroit est tenu secret mais se situerait en région parisienne.

L'étude, publiée en 2009 sous le titre Étude de droit comparé en matière d’organismes de contrôle pour les interceptions téléphoniques, est disponible en ligne depuis février dernier. Claudine Guerrier, son auteur, est une spécialiste dans le domaine du droit des télécommunications. Elle a publié plusieurs articles concernant le droit dans les domaines de la biométrie, de la cryptologie et des écoutes téléphoniques. Elle a également été chargée de recherche au cabinet du directeur de la Direction générale des télécommunications avant de rejoindre Sud Paris.

100 000 interceptions de mails et de SMS

Aux 26 000 écoutes judiciaires de 2008, il faut ajouter 5906 interceptions administratives  réalisées à la demande des services de renseignement français. Appelées interceptions de «sécurité», elles sont destinées à prévenir les risques d'atteinte à la sûreté de l'Etat.

Mais le gros des interceptions se fait désormais sur la toile avec pas moins de 100 000 interceptions de mails et de SMS. Ce qui a notamment été rendu possible grâce au développement d'un réseau de satellites espions français surnommé Frenchelon. «Ce réseau, en l’absence de contrôle est une menace pour la vie privée» s'inquiète d'ailleurs la chercheuse. 

Point positif : la France serait par contre moins accro à la surveillance téléphonique et électronique de sa population que ces voisins. Le document révèle que, selon le ministère de la Justice, il y aurait trois fois moins d'interceptions qu'en Allemagne, douze fois moins qu'aux Pays-Bas ou encore quinze fois moins qu'en Italie.

leparisien.f

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