violence grecques


Une nouvelle vague de violences urbaines a touché lundi Athènes et plusieurs villes grecques lors de manifestations d'étudiants et lycéens contre la police pour protester contre la mort samedi d'un adolescent tué par balle par un policier.

carte grecques

A Athènes, un demi-millier de lycéens a manifesté lundi dans le centre ville aux cris d'"assassins, assassins", "à bas le gouvernement des assassins".

Les manifestants se sont rendus jusqu'au Parlement où ils ont été bloqués par un cordon de police puis ont poursuivi jusqu'à la faculté de droit occupée depuis dimanche par les étudiants "pour organiser la suite des manifestations", a indiqué au mégaphone un meneur.

Dans le centre d'Athènes, trois voitures ont été incendiées par un groupe d'une dizaine de jeunes dans l'après-midi. Le groupe a ensuite attaqué un bureau abritant l'Académie diplomatique du ministère des Affaires étrangères. Des vitres ont été brisées et un incendie a été rapidement maîtrisé.

Des troubles dans plusieurs grandes villes

Des incidents ont également éclaté à Salonique (Nord), la deuxième ville de Grèce, où environ 300 étudiants et lycéens ont détruit lundi matin des voitures et des vitrines de magasins.

Trois policiers ont par ailleurs été légèrement blessés à Trikala (centre), lors d'incidents en marge d'une manifestation d'un millier de lycéens. Des incidents entre forces de l'ordre et lycéens se sont également produits à Rhodes, capitale de l'île du même nom (Est) où des manifestants s'en sont pris pris à un poste de police.

 

Le parti communiste (KKE) a réuni de son côté environ 150 militants dans le centre-ville d'Athènes qui ont crié des slogans hostiles à la police avant de se disperser dans le calme.

Selon l'agence de presse grecque semi-officielle ANA, d'autres mobilisations étaient en cours dans la plupart des grandes villes du pays, à La Canée (Crète), Lesvos (Est), en Macédoine (Nord), en Thrace (Nord-Est), en Thessalie (centre) et sur les grandes îles de la mer Egée.

La Coalition de la gauche radicale (Syriza) a notamment appelé à une autre protestation en fin d'après-midi devant les locaux de l'Université, située au coeur de la capitale.

De petits groupes de jeunes étaient toujours retranchés lundi dans l'enceinte de l'Ecole Polytechnique et à la faculté d'Economie d'Athènes, situées près du quartier d'Exarchia, dans le centre, où l'adolescent a été tué.

 


Les policiers tueurs arrêtés

Ces mouvements de protestations se succèdent depuis la mort samedi soir d'Alexis Grigoropoulos, 15 ans, abattu par un policier à Athènes alors qu'il faisait partie d'un groupe d'une trentaine de jeunes gens qui lançaient des pierres et des objets contre un véhicule des forces de l'ordre.

L'auteur du tir a été arrêté dimanche pour "homicide volontaire" tandis qu'un second policier qui l'accompagnait était appréhendé pour "complicité".

Le Premier ministre grec, Costas Caramanlis, s'est engagé à ce que l'Etat mette fin aux violences urbaines, dans un message à la Nation lundi.

"Les événements inacceptables et dangereux" qui ont suivi la mort samedi soir d'un adolescent de 15 ans "ne peuvent pas et ne seront pas tolérés", a déclaré Costas Caramanlis, dans sa première apparition depuis le début de la crise, retransmise par la télé publique.

Il a dénoncé les "éléments extrémistes qui ont exploité le drame (...) en montrant que leur seul objectif est la violence". "L'Etat va protéger les citoyens, va protéger la société (...) C'est le moindre des hommages dus à Alexis", a-t-il souligné en évoquant la mémoire du jeune homme tué samedi.


 

 

 

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