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Le FMI : “La montagne de dettes de la Chine devient dangereuse”

Lecteur de texte malvoyant ci-desous :

 

L’économie de la Chine se développera plus rapidement que prévu au cours des 3 prochaines années, mais cet essor est essentiellement lié à la poursuite d’une politique d’endettement dangereuse pour l’économie mondiale, met en garde le dernier rapport du FMI sur l’économie chinoise, paru mardi.

Cette année, l’économie chinoise devrait profiter d’une croissance de 7,7 %, alors que le FMI avait tablé précédemment sur une croissance de 6,2 %. L’Institution a aussi revu ses prévisions de croissance d’ici la fin de cette décennie, pour les augmenter de 0,4 points de pourcentage. Désormais, elle prévoit que la Chine aura une croissance moyenne de 6,4 % entre 2018 et 2020. Mais ce supplément de croissance n’est dû qu’aux efforts inconsidérés du gouvernement pour alimenter la croissance par de la dette pour atteindre ses objectifs, affirme le FMI :

« Les autorités chinoises feront tout ce qu’elles pourront pour atteindre la cible de PIB de 2005 », indique-t-il dans son rapport, faisant allusion à un engagement du gouvernement chinois de doubler la taille de l’économie du pays entre 2010 et 2020.

En conséquence, il s’attend maintenant à ce que l’endettement chinois dépasse 290 % du PIB du pays d’ici 2022. Par comparaison, l’année dernière, la dette se montait à 235 % du PIB, et dans ses dernières estimations, le FMI avait calculé qu’elle se stabiliserait à 270 % du PIB sur les 5 prochaines années.

 

La dette atteint des sommets dangereux

Pour l’Institution, une telle progression de l’endettement est dangereuse :

« L’expérience internationale suggère que la trajectoire de crédit actuel de la Chine est dangereuse avec les risques croissants d’un ajustement déstabilisant ».

Elle explique qu’un tel fardeau de dettes ne laissera pas beaucoup de place aux autorités chinoises pour réagir à un choc économique potentiel et notamment à toute crise du marché interbancaire ou à une crise de confiance dans les produits de gestion de fortune qui ont assuré la forte croissance du secteur bancaire opaque chinois.

Jin Zhongxia, représentant de la Chine auprès du Fonds Monétaire International, a réfuté ces critiques. « La plus forte performance de l’économie chinoise depuis 2017 n’était pas seulement induite par une politique de stimulus, mais elle reflète plutôt un rééquilibrage et un ajustement structurel». Puis d’ajouter « le scénario du FMI d’un ralentissement abrupt de l’économie chinoise (…) est hautement improbable. »

 

Le crédit perd de son efficacité pour alimenter la croissance

Dans son rapport, le FMI souligne aussi que l’efficacité du crédit chinois s’est fortement dégradée sur la dernière décennie. En 2008, pour obtenir une hausse du PIB de 5000 milliards de yuans, il fallait injecter 6,5 milliards de yuans de crédits dans l’économie. Mais en 2016, pour parvenir au même résultat, il fallait émettre 20 000 milliards de yuans de nouveaux crédits. Et si le gouvernement chinois n’avait pas tant fait appel au crédit, la croissance aurait été bien plus faible, et elle n’aurait atteint que 5,3 % en moyenne entre 2011 et 2016, au lieu des 7,3 % observés.

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Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver Mémoires de feu en Corée du Nord

Bombardier B-29 américain en mission, juillet 1950.

© Roger-Viollet
 

Lecteur du texte pour mal voyant ci-desous (durée 21minute) :

 

 

Plutôt que d’une guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, s’agissant de la guerre de Corée (1950-1953), d’une guerre inconnue. L’effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes américaines contre la Corée du Nord – qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques (1) et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre – est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années n’en font jamais fait état.

La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l’élaboration de la stratégie américaine en matière de sécurité nationale. (...)

 

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